Par Daniel Delisle .– Dans un hippodrome comme celui de Trois-Rivières, il y a les employés connus, en contact direct avec les clients, mais il y a aussi un bon nombre d’employés dont les tâches sont essentielles mais qui ne sont peu ou pas connus du public. Tel est pour le commun des mortels le ‘directeur du pari-mutuel’, Benoît Beaudry, en poste depuis quatre ans, après avoir succédé à Jean Pérusse, lequel occupait la fonction depuis les retour des courses à H3R.
Une tâche essentielle et délicate
« Il y a quatre ans maintenant, Jean Pérusse avait mentionné à François Carignan son intention de quitter le poste de directeur du pari-mutuel, de raconter Benoît. François s’était tourné vers Sylvie Dubreuil, une haute responsable de l’Agence canadienne du Pari-Mutuel, laquelle lui avait suggéré mon nom. Madame Dubreuil savait que j’avais passé plusieurs années comme employé de l’hippodrome de Montréal où j’avais occupé différentes fonctions dans le domaine des finances et de la comptabilité. François m’a contacté et comme le monde des courses a longtemps fait partie de mon ADN, j’ai dit oui avec plaisir, content de renouer avec l’industrie. Je n’avais jamais occupé cette fonction comme tel, mais j’en connaissais les rouages que Jean m’a vite rappelés. C’est ainsi que j’ai fait mes débuts à H3R.»
« Comme directeur du pari-mutuel, je travaille étroitement avec deux employés de la compagnie Am-Tote qui supervise les activités chiffrées du pari-mutuel. Nous occupons le même local dans les entrailles de l’hippodrome. De plus, je suis en contact direct et fréquent avec les juges de courses pour des questions de retraits, d’enquêtes, d’heures de départ, etc. Je dois être à leur entière disposition. Je suis avant tout un employé de l’hippodrome et les jours de courses, je m’en remets au directeur des opérations, François Carignan. Ensemble par exemple, nous déterminons si tel ou tel cheval doit être retiré en partie du pari-mutuel. Chaque semaine, je fais parvenir aux dirigeants, le détail des paris sur nos courses, question qu’ils puissent en suivre l’évolution. Par exemple, sur la course 4, il s’est parié tant de dollars à l’hippodrome même, tant sur HPI, tant dans les salons de paris, tant à l’extérieur. »
La saison 2025
« Je n’apprendrai rien à personne en disant que le pari-mutuel sur les courses de chevaux est en baisse partout en Amérique du Nord, dans la grande majorité des juridictions. H3R n’y a pas échappé. Sur nos courses, c’est un recul de 17%, ce qui représente des milliers de dollars, C’est dans ce contexte sans doute que le CJQ tente d’apporter des correctifs pour la saison qui vient, en modifiant entre autres, l’horaire de nos programmes du dimanche et ceux du vendredi, qui deviendront les jeudis. Je pense vraiment que, comme les dirigeants, le statu quo n’était pas envisageable.»
« Je surveille étroitement à chaque programme, l’évolution des paris, et je peux affirmer que le dimanche, ce sont les deux premières courses qui génèrent le plus de paris. L’action, souvent, sur les différentes pistes, n’est pas grande et nous profitons pleinement de ce vide. Un chiffre moyen de 25 000$ est assez juste pour ces deux premières courses, alors que les moyennes des autres courses, oscillent autour de 15 000$. C’est la raison pour laquelle, je trouve que le nouvel horaire pourrait vraiment servir notre cause. Commencer les courses à 11h, alors qu’il n’y a à peu près aucune piste en opération, devrait mousser notre pari sur presque la moitié du programme. Je suis très curieux et assez optimiste d’en voir un résultat positif.»
« Quant au changement du vendredi au jeudi, 17h30, là encore, je suis assez optimiste. De toute manière, nos chiffres pour les vendredis en 2025, sont les plus bas que nous ayons connus. Alors aussi bien, tenter quelque chose d’autre. Ce serait plaisant de créer un happening le jeudi, comme il y en avait un, jadis, à l’hippodrome de Québec. Ça mérite d’être essayé! »
En conclusion
À la lumière de ces propos de l’homme qui est collé aux chiffres, on ne peut donc qu’espérer des jours meilleurs pour les paris à l’hippodrome pour la saison 2026. C’est en tous les cas ce que chacun souhaite, autant les dirigeants du CJQ que les gens de chevaux. Vivement le début de la saison!
N.B. C’est demain, samedi, que se tient à London la soirée des O’Brien Awards. Bonne chance à Louis-Philippe Roy ainsi qu’aux chevaux de propriété québécoise en nomination.

