Par Daniel Delisle . — Hier, il était question dans cette chronique des beaux talents qui se sont exilés aux États-Unis ou en Ontario pour y gagner leur vie. À dessein, on a omis de parler de ces Québécois qui ont choisi Rideau pour y gagner leur vie; Rideau, c’est aussi l’Ontario, mais un Ontario de proximité, pourrions-nous dire. Et chose révélatrice, les Québécois qui ont choisi Rideau pour s’y produire sur le sulky, l’ont aussi choisi pour y opérer une écurie, donc comme entraîneur. Et cela se vérifie pour chacun d’eux, raison pour laquelle, il n’en a pas été question hier dans un article consacré aux conducteurs.
Jacques Beaudoin
C’est au tournant des années 90 que Jacques Beaudoin a pris la route de l’Ontario, dans la région de la capitale nationale. En ce sens, il a vraiment été un précurseur. Accompagné de son frère Gilles, il a transporté son écurie à Connaught Park et à Rideau Carleton, à l’époque où les deux pistes alternaient selon les saisons. Et il n’a pas tardé à s’y établir avec succès, comme en font foi ses plus de 15M$ de gains et ses presque 4 700 victoires. L’homme a vieilli depuis et ses activités sur le sulky ont beaucoup diminué, seulement 41 courses en 2025. Et comme il a toujours été un entraîneur dans l’âme, on se rend compte que là aussi il a mené à bien sa barque avec 4M$ de gains et 1450 victoires. En somme, le fils de Ronald a connu une belle carrière.

Stonebridge Hermes un des bons chevaux développés par Jacques Beaudoin
Guy Gagnon
Le ‘roi de Rideau’ a connu une année 2025 à la hauteur de ses standards, tant sur le sulky qu’à titre d’entraîneur. Même qu’on l’a vu à plusieurs reprises venir briller chez nous dans les stakes québécois. D’ailleurs, contrairement aux autres, Guy a continué d’habiter au Québec pendant ces années. C’est au tournant des années 90 qu’il a imité Jacques Beaudoin pour aller gagner son pain en Ontario. Il s’est façonné au gré des années une fiche de 31M$ de gains avec plus de 6 420 victoires. Sur le sulky, 2025 a été particulièrement marquante : ses 221 victoires sont un sommet depuis 2011 quand il en avait gagné 298. Ses 1.2M$ de gains en 2025 sont aussi un sommet depuis 2011. Mieux encore, sa moyenne URS a été de .478, évidemment un pourcentage inégalé en carrière. Ce chiffre monstrueux le place en tête au Canada.

The Light Speed, un des fleurons de l’écurie Gagnon
Comme entraîneur, Guy Gagnon a aussi connu une année remarquable en 2025, sa meilleure en carrière avec des gains de 667 000$ et une faramineuse moyenne URS de .487, là aussi un sommet au Canada et par beaucoup, le 2e à ce chapitre a fait .456 et il s’agit de Mandy Archer, elle aussi avec une écurie à Rideau. C’est 99 victoires que l’écurie Guy Gagnon a engrangé en 2025, une seule de moins qu’en 2024.
Stéphane Pouliot
C’est en 2008 au moment où les courses au Québec traversaient des heures sombres, que Stéphane a pris la route de l’Ontario, lui aussi à titre d’entraîneur-conducteur. Comme Beaudoin et Gagnon, il quittait la région de Québec. Ses 8.5M$ de gains en carrière, de même que ses 1 762 victoires prouvent qu’il s’est fort bien débrouillé sur le sulky durant ces années. En 2025, il a gagné 35 fois, un chiffre dans sa moyenne habituelle, surtout et presque uniquement avec les chevaux de son écurie et amassé 311 000$. Comme entraîneur, il a connu sa meilleure année en 2024 et en carrière c’est plus de 520 victoires et des gains de 3.2M$ qu’il a amassés.

Stéphane Pouliot
Mélanie Plourde
C’est en 2010 que Mélanie s’est exilée en Ontario. Avec 84 participations aux courses comme conductrice, elle a établi ses meilleures statistiques depuis 2019. 92 000$ et 13 victoires ont souligné l’année 2025. À vie, Mélanie revendique 217 victoires et des gains de plus de 1.2M$. Comme entraîneuse, ce fut plus tranquille. Mais en carrière, ses chevaux ont tout de même gagné 500 000$ avec 77 victoires.
Tel est le bilan de ces gens de chevaux du Québec qui gagnent leur vie à Rideau, avec le statut de conducteur et d’entraîneur.
