Guy Gagnon, l’art de la victoire

20 février 2026

Par Daniel Delisle . – -La semaine dernière, on a partagé les grandes lignes du projet du Trophée des Éleveurs pour la saison qui vient, ce qui a donné l’occasion de mesurer jusqu’à quel point les succès du conducteur-entraîneur Guy Gagnon ont été importants pour la Coupe de l’Avenir 2025. Rejoint au cours des derniers jours, le Gatinois a révélé être déjà en train de préparer la saison qui vient avec ses trois lauréats de l’an passé, Cattlekiss, Magic Liam et Abby Rose Men.

Un trio gagnant

Ce fut tout un exploit de que celui de gagner trois des quatre divisions de la Coupe de l’Avenir, un exploit unique et inégalé depuis sa création dans les conditions actuelles. Guy demeure très confiant pour la nouvelle saison: « Les trois, maintenant âgés de trois ans, sont déjà à l’entraînement. La piste que nous avons à la ferme ( celle d’Alain Martin ) est d’une qualité exceptionnelle malgré les rigueurs de cet hiver. On les a ‘travaillés’ en 2.40 ces derniers jours et ils vont bien tous les trois.. Les trois ont profité beaucoup au cours des derniers mois, ils sont plus forts, ont plus de maturité aussi et je suis optimiste pour la suite. Si tout va comme prévu, j’aimerais leur donner deux qualifications et faire avec les trois les premiers Grassroots avant les stakes à Trois-Rivières. Les trois ont été impressionnants l’an passé, non seulement à Trois-Rivières, mais aussi dans les courses qu’ils ont faites ensuite.»

Cattlekiss

« Cattlekiss, après la finale de la Coupe de l’Avenir, a gagné la finale consolation des Grasseroots à Mohawk avec un chrono de 1.51.2. Je pense qu’on peut dire qu’elle a été dominante dans les stakes québécois en gagnant chaque fois avec des marges au-delà de dix longueurs. Ce sont ces performances combinées à sa course de Mohawk qui m’inspirent confiance. Magic Liam a aussi été irréprochable en 2025. Lui aussi a été invaincu à la Coupe de l’Avenir et sa fiche à la fin de la saison a été immaculée, cinq victoires en cinq départs, y inclus une victoire à Rideau contre des trotteurs plus âgés en 1.58.3. Cette dernière victoire laisse aussi entrevoir de belles choses, puisque c’est la seule fois pour bien dire qu’il a été mis au défi. Enfin Abby Rose Men a très bien fait elle aussi en gagnant sa finale en 2.01.4. C’est un trio de 3 ans qui apparaissent comme de sérieux challengers pour 2026.»

Abby Rose Men

Du travail, du travail, du travail

« Le travail ne manque pas de poursuivre, Guy. J’ai dix-huit stalles et elles sont toutes occupées, même que je suis obligé de refuser de nouvelles demandes. Dix-huit stalles, c’est dix-huit chevaux, et c’est exigeant. Nous sommes cinq pour prendre soin de toutes ces bêtes. Cette année, je ne suis pas allé du côté de Toronto et j’ai passé tout l’hiver ici, chez nous, à Gatineau. J’entraîne six 2 ans, dont trois qui seront éligibles au Québec. Du nombre, une demi-sœur de Abby du nom de Bella Queen Men par Alarm Detector. Abby était une Muscle Mass. J’ai aussi une Kinder, une Muscle Mass par Kinderunbelievable.

Kinder Unbelievable

« Pour les 2 ans, le vrai travail n’est pas commencé. On les jogge souvent ensemble, les habitue à courir en groupe, à se dépasser, etc. difficile à ce moment-ci, de se faire une idée, si ce n’est qu’ils vont bien, pas plus.»

À moyen terme

« J’ai 57 ans maintenant et l’idée de ralentir est sur la table. Je pense qu’à compter de 2027, bien des choses pourraient changer. Premièrement, une écurie plus petite, seulement des chevaux qui m’appartiendraient en tout ou en partie. Peut-être aussi envisager d’aller passer l’hiver en Floride avec les chevaux. J’ai déjà deux proprios qui y sont et ils ont jeté un coup d’oeil sur les différentes pistes et les stalles que je pourrais occuper. Il n’y a rien de fait, sauf que c’est important de penser vivre autrement. Ça fait 37 ans que je travaille sept jours sur sept, peut-être est-il temps de vivre un peu. J’aime toujours ce que je fais, la question n’est pas là, mais avec la retraite de mon épouse, il y a matière à réflexion. »

Trois-Rivières

« Ma femme, ma fille, mon gars, moi-même, nous aimons beaucoup aller à Trois-Rivières quand arrive la saison des stakes. Nous nous sentons bien accueillis et évidemment, on y a aussi connu passablement de succès. Si les bourses étaient meilleures, on viendrait plus souvent. Le set-up est super, il y a des gens dans les estrades et l’atmosphère est positive. Je n’ai que du bien à dire là-dessus.» Merci, Guy, pour ta disponibilité et bonne chance pour la saison qui vient.

David Miller, le plus riche boursier de tous les temps

Au cours des derniers jours, le conducteur David Miller est devenu le plus riche boursier de tous les temps en Amérique du Nord, devançant un autre grand nom, John Campbell lui-même. Tout un accomplissement pour le ‘Buckeye’ dont la carrière prendra une autre tournure en 2026, puisqu’il a déjà annoncé qu’il ne participerait plus aux épreuves du Grand Circuit. Il se contentera désormais, à plus de 60 ans, de courir sur les pistes de son Ohio natal. Une espèce de demi-retraite bien méritée. Il sera intéressant de voir qui et quand son record sera battu!